Guillaume Jaouën matricule :990


Né le 03 septembre 1903 à Plouzévédé
Marié le 7 janvier 1929 à Carantec avec Marie Le Saout
Décédé le 31 mai 1972 à Carantec
Fils de Hervé Jaouën et de Anne-Yvonne Hélard
Signalement
Cheveux et sourcils:chatains
Yeux: gris
Front : large
Nez:ordinaire
Menton :ordinaire
Visage: ordinaire
Taille:1.63 m
Décision du conseil de révision et motifs
Engagé volontaire pour un contrat de 3 ans le 24 avril 1922 à Brest
Grades
Apprenti-marin,sous le matricule: 126025.2 au 24 avril 1922
Breveté Torpilleur, le 29 octobre 1922
Matelot 2ème classe torpilleur, le 29 décembre 1922
Quartier Maitre, le 1 juillet 1924
Second Maitre ,le 1 octobre 1929
Second Maitre de 1ère classe, le 1 juillet 1941
Maitre,le 1 avril 1942

Médaille Militaire par décret Officiel,au 28 juin 1935

Affectations
24 avril au 1 juillet 1922
2 ème Dépot de Brest
Campagne de Guerre en Orient du 07 07 1922 au 27 10 1922
1 juillet au 29 octobre 1922



Cuirassé "Patrie"
Lancé à La Seyne sur Mer le 17 décembre 1903
Mis en sevice,le 1 février 1907
Coule le Cuirassé Autrichien"Zenta",le 16 août 1914
Affecté en Grèce et en Méditerranée Orientale,à partir de 1916
Ecole des Mécaniciens et des Torpilleurs,de 1920 à 1927
Désarmé,en 1928
Vendu pour démolition à Toulon le 7 novembre 1936
Ecole des Torpilleurs de Toulon
29 octobre 1922 au 6 mars 1923
5ème Dépot de Toulon

6 mars 1923 au 20 septembre 1925


Cuirassé "Bretagne"
Lancé à Brest le 1er août 1913
Mis en service,le 1er juillet 1916
Opérations de Gréce,en décembre 1916
Mutinerie à bord,le 11 juin 1919
Refontes à Toulon,en 1925,1928 et 1933
Force X,Hallifax,le 10 mars 1940
Stationne à Oran,en avril 1940
Départ pour Alexandrie,le 3 mai
Retour à Mers El Kébir,le27 mai
Coulé par les Anglais à Mers El Kébir le 3 juillet 1940
"1012 morts"
Renfloué,en 1941
Sabordé à Toulon,le 27 novembre 1942
Renfloué par les Italiens puis démoli,le 11 juillet 1943
Missions sur les cotes de Provence et d'Afrique du Nord,
Croisières et manoeuvres dans l'Océan Atlantique et dans la Manche
Puis refonte en 1925 à l'Arsenal de Toulon

Les Commandants furent:
Capitaine de Vaiseau Pirot
Capitaine de Vaisseau Douxami
Capitaine de Vaisseau Benet
20 septembre 1925 au 1 janvier 1926
2ème Dépot de Brest

1 janvier 1926 au 1 octobre 1927
Flottille des Torpilleurs du 2 ème Arrondissement de Brest

1 octobre 1927 au 7 mars 1928
2 ème Dépot de Brest
7 mars 1928 au 27 février 1931
Centre Administratif Marine de Cherbourg

Préparation du Brevet Supérieur de Torpilleur
Obtention du Cadre de Maistrance
27 février au 16 juin 1931
2 ème Dépot de Brest

16 juin au 4 aout 1931

5 ème Dépot de Toulon

"Guillaume" avec son beau-frère "Jean Le Saout"
4 aout 1931 au 21 aout 1934
Croiseur Lourd "Tourville"
Lancé à Lorient,le 24 aout 1926
Mis en service,le 12 mars 1929
Immobilisé par Les Britanniques à Alexandrie,le 19 juin 1940
Rejoint les Forces Françaises Libres,le 30 mai 1943
Arrivée à Dakar,le 18 août 1943
Patrouilles en Atlantique,en 1943 et 1944
Rallie Toulon,le 28 novembre 144
Campagnes de Guerre en Indochine"Appui au feu,côte d'Annam,Opérations de débarquement au Tonkin...,de 1945 à 1947
Quitte Saïgon pour rejoindre Brest,du 16 novembre au 23 décembre 1947
Mis en réserve,en 1948
Sert de bateau école,pour les timoniers à Brest
Désarmé ,le 8 mars 1962
Démoli à Brest en 1963,N° coque:Q 312
1931
Il sert de navire-école pour les midship


Passage de la ligne en 1932 sur le Tourville

21 aout au 27 novembre 1934
2ème dépot de Brest

27 novembre 1934 au 1 mai 1937
Bizerte

Flotte Sous-Marine de Bizerte
Il y avait à Bizerte 5 Divisions Sous Marine
La 9 ème D.S.M
Le Caïman,Le Morse et le Souffleur



La 10 ème D.S.M.
Le Phoque,L'Espadon et le Dauphin

La 11ème D.S.M.
Détachée à la Division Navale du Levant
La 17 ème D.S.M.
La Vestale,La Sultane,L'Atalante et L'Aréthuse




La 20 ème D.S.M.des Sous Marins mouilleurs de mines
La Turquoise,Le Saphir,Le Rubis et le Nautilus







Guillaume y réside avec sa femme Marie et son fils Marcel

1 mai au 1 aout 1937
Bizerte
Mouilleur de mines "Castor"


Photos prises à Bizerte par Fernand Tourgon à bord de La Railleuse

Mouilleur de mines "Castor"
Brise-Glaces Canadien construit par Canadian Vickers Ltd
Lancé à Montréal,au Québec le 29 aout 1916:CGS J.D. Hazen
Après transformation à Liverpool,il est vendu au Gouvernement Russe en 1916:"Kosma Minime"

Armé de Russes Blancs il est est rebaptisé en 1917 :Mikula Selcaninovitch

Le 19 février 1920,il participe à l'évacuation des troupes du Russie du nord (1100 hommes et membres de leur famille)
Il est saisi,en 1921,par le gouvernement Français, en paiement des frais d'entretien
de l'Escadre Russe internée à Bizerte
Il est racheté en 1923 par le gouvernement Canadien pour servir de brise-glaces sur le Saint Laurent :CGS Mikula
En 1927,Restitué à la France,il est transformé en mouilleur de mines à Lorient

Il est désarmé à Bizerte,le 10 octobre 1940
Il est saisi par les Allemands,et armé par les Italiens"FR 60",le 8 décembre 1942
Il est coulé par les Allemands dans le lac de Bizerte le 6 mai 1943
L'épave est renflouée et remorquée en Baie de Sebra
Comdamné et démoli le 12 aout 1947
1 aout au 18 septembre 1937
2 ème Dépot de Brest

18 septembre 1937 au 1 juin 1940
Torpilleur" Le Foudroyant"

Construit aux chantiers"Dyle et Baccalan" à Bordeaux
Lancé le 24 avril 1929

Numérotation:99

96 de 1931 à 1933

43 en 1936

52 en 1939
Mis en service,le 24 octobre 1930
Transporte le Président Doumergue en voyage oficiel en Tunisie sur le Lac de Bizerte
Rejoint la 5ème Division de Torpilleurs,en 1939
Coulé par l'aviation Allemande le 1 er juin 1940 devant Dunkerque à 10h30mn
Position :51.05.029 N/2.15.489 E par 28 m de fond
"20 disparus"

Coup de roulis en pleine tempête sur un Torpilleur
-Du 3 septembre 1939 au 1er juin 1940-
Commandant"Capitaine de Corvette Fontaine"


Septembre-Octobre 1939
Basè à Brest,il assure la protection des convois faisant le trafic entre Brest et Casablanca
Novembre 1939
Basé à Dunkerque,il patrouille en Mer du Nord et au large de Boulogne
15 décembre 1939 au 15 janvier 1940
Il effectue d'importants travaux,retubage des 3 chaudières,nombreux travaux électriques,instalation d'un des plus modernes appareils d'écoute contre les sous-marins et mise en place de deux canons de 37 double qui complètent son armement de défense contre avions
Janvier à mars 1940
Basé à Dunkerque,il patrouille en Mer du Nord,période de grande activité coupée d'un bref sèjour à Cherbourg ou il a été armé en vue d'une Campagne Nordique
31 mars-8 avril 1940
Intègre la 5ème division des Torpilleurs avec Le Brestois et Le Boulonnais
Composant la force Z avec le Croiseur Emile Bertin et le Croiseur Montcalm
Sous le Commandement du contre Amiral Edmond Derrien
Avec les Contre Torpilleurs Tartu,Chevalier Paul,Maillé Brézé,Bison,Epervier et Milan
8 avril-14 mai 1940
La Force Z est basé à Scapa Flow et intègre les Forces de Scandinavie. Elle y reçoit le soir de son arrivée,le baptême du feu,sous la forme d'une attaque massive de bombardiers Allemands qui sont brillamment repoussés par les batteries terrestres aériennes et les tirs des batiments sur rade.
Après quelques missions sur les côtes Anglaises à Greenock,à Liverpool,aux shetland,Le Foudroyant escorte la "Ville d'Alger"et protège son débarquement à Namsos trouvé en feu.
Revenu à Scapa Flow àprès un nouveau voyage à Liverpool,il appareille avec un convoi pour Harstad ou il arrive le 10 mai.Il participe en Norvège à l'assistance des troupes Britanniques contre les Allemands et à leur évacuation par la mer.
19 avril:Débarquement Allié à Namsos
27 avril:Débarquement Allié à Narvik
29 avril:Rembarquement des forces Alliées présentes à Namsos
13 mai:Débarquement Allié à Bjervik
28 mai:Prise de Narvik par les Alliés
7 juin:Evacuation de la Norvège par les Alliés

Marins Français dans les bois de Namsos

Navires en flammes dans la baie de Narvik

1ère division des Chasseurs Alpins en route vers la Norvège
14 et 15 mai 1940
Raid dans le Ranen Fjord
Il détruit une batterie aérienne, le quartier général Allemand ,un ferry militaire ,un hydravion et tous les appontements qui se situent sur la côte Nord du Sorfjord.
En quittant le Ford il découvre des appontements ou les équipages font le plein de plusieurs hydravions,ils sont tous détruits à la torpille et aux canons,puis attaques de plusieurs convois militaires ennemis sur les rives des fjord.
Il subit ensuite une attaque de plusieurs bombardiers Allemands,dont les bombes tombent à plusieurs reprises autour du bateau qui est recouvert d'eau par leurs impacts,tout les disjoncteurs sautent,un ventilateur machine s'arrête.Heureusement un des avions est touché par la DCA du bâtiment dont les armements ont gardé leur sang froid mais étaient visiblement fatigués,après un poste de combat ininterrompu de 24 heures.Les autres avions se dérobent.Cessez le feu à 3h01 le 15 mai au matin.

15 mai 1940
En quittant le Ranen Fjord ,il escorte le HMS Somali sérieusement endommagé par l'attaque des 6 bombardiers Allemands,et le conduit à bon port jusqu'à Scapa Flow.Après s'être ravitaillé en mazout ,il part d'urgence pour Dunkerque.
20-21 mai 1940
Il escorte le "Tarn" jusqu'à l'entrée de Greenoch,puis fait route avec un convoi sur Brest,ou il ravitaille en munitions
22 mai 1940
Renvoyé en France ,il intègre la 2ème Flotille des Torpilleurs en remplacement de l'Adroit,coulé à Dunkerque.Il rallye Cherbourg ou il répare,en 36 heures,les avaries subies lors des bombardements de Norvège

Capitaine de Vaisseau De Portzamparc
Commandant de la 2ème F.T. et du Cyclone



L'Adroit échoué devant Malo les Bains le 21 mai 1940

Le Torpilleur "Foudroyant"
dans les combats de Dunkerque de mai-juin 40.
26 mai 1940
Lancement de l'Opération Dynamo par le Vice Amiral Britannique Bertram Ramsay

Récit fait par l'amiral Joseph Senechal, de la participation du torpilleur d'escadre "Le Foudroyant" à l'évacuation de la Poche de Dunkerque, en mai-juin 1940.
L'amiral Senechal était alors chef du service des machines sur ce torpilleur qui a donné son nom à une rue de Rosendaël le 16 mai 1985.
Le torpilleur est arrivé à Dunkerque le 1er novembre 1939,après avoir participé à la protection de convois de navires de commerce entre Brest, Casablanca, Gibraltar et Bordeaux, comme à la grande époque des corsaires.
A la mobilisation, en 1939, il composait avec Le Brestois et Le Boulonnais, la 5e division de torpilleurs, avec laquelle il effectua de nombreuses missions d’escortes et de reconnaissance. Basé à Dunkerque, c’est lui qui transporta l’Amiral Darlan à Douvres pour le conseil suprême du 28 mars 1940.
A partir du 8 avril, il est à Scapa Flow, d’où il participe à l’escorte des bâtiments et de convois dans le cadre de l’expédition de Norvège. Le 13 mai, en patrouille dans le fjord de Mo, avec le HMS SOMALI, il s’engage contre les forces allemandes débarquées à Hemmesberget. A l’issue de ce raid, les deux torpilleurs se précipitent au secours du paquebot polonais Chobris mis en feu par une bombe ; ils sont violemment attaqués par l’aviation au cours de cette tentative de sauvetage et le Foudroyant escorte à Scapa Flow le Somali gravement endommagé.
Renvoyé en France, le Foudroyant est rattaché à la 2e division de torpilleurs, en remplacement de l'Adroit coulé à Dunkerque.
C’est ainsi qu’il effectue une première mission dans ce port dans la nuit du 25 au 26 mai sous un violent bombardement. Rentré à Cherbourg le 26 au matin, il appareille le soir même pour amené à Douvres le capitaine de vaisseau Aupman qui se rend au P.C. de l’Amiral Ramsay pour régler avec lui la participation de la marine française à l’évacuation de Dunkerque, à laquelle il participera dans les jours suivants.
A Dunkerque, il effectue des patrouilles, transporte de Boulogne à Douvres "les autorités françaises qui se rendent à Londres pour y rencontrer leurs homologues britanniques" et effectue diverses missions et transports de troupes, souvent sous les bombes de l'aviation alle- Intégré dans la 2eme division de participe à l'évacuation de l'Armée du Nord de Dunkerque à Douvres à partir du 28 mai 1940.
L'amiral raconte :
"Le 30 mai, dans l'après-midi, faisant route sur Dunkerque, il est attaqué par une batterie allemande située près de Nieuport.
Il riposte et les tirs cessent. Peu de temps après, il croise le "Bourrasque",chargé de troupes et lui signale l'existence de la batterie.
Revenant de Dunkerque, après avoir embarqué un contingent de soldats ,envirron 1200 a 1500 hommes, il aperçoit la "Bourrasque" en train de couler après avoir sauté sur des mines,
constatant qu'elle était entourée de petits bateaux lui
portant assistance, le "Foudroyant" continue à faire route vers Douvres.
Dans la nuit du 30 au 31 mai,le "Cyclone" et le "Siroco" sont torpillés par des vedettes rapides allemandes. Le premier a son avant fortement
avarié et le second coule après avoir été achevé par deux bombes lâchées par un avion ennemi.
Le 31 mai, dans la matinée,en allant à Dunkerque, le "Foudroyant" croise le "Cyclone" faisant route sur Douvres à faible allure. Un peu plus tard, il rencontre un torpilleur anglais qui lui signale:"La batterie de Nieuport tire mieux qu'hier; il semble qu'on y ait mis des spécialistes".
Arrivé à proximité de cette batterie, le "Foudroyant" l'arrose avec cinquante obus de 130 mm. Elle cesse le feu et semble muselée pour la journée car elle ne réagit pas lorsque le "Foudroyant" revient dans les parages chargé des soldats. L'embarquement a dû être fait par l'avant, l'accostage du bâtiment étant impossible ,en raison des épaves de torpilleurs anglais et de navires le long du quai.
De retour à Douvres, le "Foudroyant" accoste le "Cyclone" qui lui fournit du mazout afin de s'alléger

La Bourrasque coule devant Nieuport le 30 mai 1940 sous les ordres du Commandant C.F. Fouque

Evacuation des plages de Dunkerque

29 mai 1940
30 mai 1940

31 mai 1940
Le Naufrage
du "Foudroyant"
Le 1er juin 1940, à 8 h,suivant les ordres de l’Amiral Savorgnan de Brazza, le "Foudroyant" quitte Douvres pour Dunkerque en suivant la route passant par le banc de Ruytingen-Dyck entre les deux champs de mines alliés disposés dans le Pas-de-Calais. Le
capitaine de vaisseau de Portrampac, commandant le "Cyclone", et la 2ème flotille de torpilleurs, lui souhaite bonne chance.
Vers 10 h 30, le "Foudroyant" filant vingt-cinq noeuds se trouve à environ six milles de Fort-Mardyck. Il est à ce moment attaqué par un groupe de vingt à trente bombardiers allemands »des heinkels et des Stukas » selon les témoins, qui lâchent des grappes de trois à quatre bombes en piquant et en mitraillant.Une bombe déchire la coque
à l'arrière bâbord du compartiment "machines" créant une voie d'eau et des avaries à quelques machines. De la vapeur fuse par la porte d'accès
au compartiment.D'autres bombes tombent sur la pièce 3.
Le "Foudroyant" se casse à l'arrière,se couche sur bâbord et coule
rapidement. D'après les officiers de marine basés à Fort-Mardyck, entre le premier impact de bombe sur la coque et le chavirement du navire, une minute et demie ne s'est pas écoulée.
Les chaudières n'ont pas été touchées bien que quelques bombes soient tombées à proximité des chaufferies. Elles ont pu être isolées avant le
naufrage du bâtiment. La rapidité avec laquelle le "Foudroyant" a été mis hors de combat ne permet pas de lancer à l'eau embarcations et radeaux.L'équipage ayant évacué le navire ,et dérivant vers l’est avec le courant, continue à être mitraillé par les avions ennemis. L'équipage est repêché par plusieurs bateaux de faible tonnage et de nationalités différentes.Pour ma part, j'ai été repêché par un navire hollandais et c'est une fois à bord que je me suis aperçu que j'avais reçu une balle de mitrailleuse dans le bas de la jambe droite.
Les rescapés du "Foudroyant" sont ensuite regroupés sur le chalutier "Bernadette de Lourdes". Il fait route sur Dunkerque pour les y débarquer mais il est refoulé des divers quais où il veut accoster et fait finalement routesur la côte anglaise sous une pluie de bombes".
Il y a dix-sept disparus,plusieurs blessés et brulés
L'aviation:le plus grand danger
"Sorti de Dunkerque, le chalutier "Bernadette de Lourdes" est pris directement à partie par des bombardiers ennemis qui mitraillent et lâchent des bombes secouant durement le bâtiment. Une partie
des rescapés, dont je fais partie, est rejetée à l'eau par la violence des explosions qui soulève l'avant du navire presque à la verticale,et nous n'avions rien pour nous raccrocher. Le "Bernadette de Lourdes" est touché. L'eau monte dans les fonds. Il va s'échouer sur un banc de sable. Deux chalutiers anglais chargés de troupes viennent à son secours et embarquent une partie de son équipage et le personnel du "Foudroyant" pour les conduire à Ramsgate.Pour ma part, après avoir été rejeté à la mer, je suis repêché par un chalutier anglais,chargé de soldats britanniques, qui me débarque, peu de temps plus tard sur un chalutier français qui fait route sur Ramsgate pour y déposer des équipages de chars d'assaut ayant participé à des opérations en Belgique.Je retrouve finalement à Ramsgate le commandant du "Foudroyant" et les membres de son équipage rescapés.Après un bref séjour en Angleterre nous prenons passage sur le bateau anglais qui nous ramène à Brest où nous arrivons vers une heure le 5 juin 1940.La bataille de Dunkerque coûtait cher à la 2ème Flotille de torpilleurs; sur les neuf bâtiments engagés, il n'en restait plus qu'un seul valide après la perte du "Foudroyant". Au total cinq unités furent coulées et quatre mises hors de combat.A noter qu'ayant considéré que, par la route suivie, lors de son dernier voyage de Douvres à Dunkerque, le seul ennemi dangereux était l'aviation, le commandant du "Foudroyant",Le Commandant Fontaine, avait fait enlever les pointes percutantes des torpilles et desamorcer les grenades sous-marines.Cette précaution a certainement permis d'épargner la vie d'un grand nombre de membres de l'équipage car le navire n'a pas explosé malgré des bombes qui,au cours de l'attaque sont tombées près des tubes lances torpilles et des grenadeurs.
Les actions du Foudroyant, tant en Norvège qu’à Dunkerque, ont valu au Capitaine de Corvette (puis capitaine de Frégate) P.L.A. Fontaine, Commandant, et au Bâtiment plusieurs élogieuses citations à l’ordre de l’Armée de mer.Le Commandant Fontaine est décédé le 8 novembre 1978.
Durant ses derniers jours au large de Dunkerque"Le Foudroyant"aura permis l'évacuation de 1250 soldats alliés.





Dans la journée du 6 juin 1940,une fois arrivés à Brest ,tous les marins finistériens furent envoyés en permission.
Quelqu'un vint chercher Marie ,dans l'atelier de couture ou elle travaillait,pour lui annoncer que son mari était rentré!!
Elle trouva Guillaume devant la maison ,les pieds nus dans ses chaussures ,encore couvert de mazout depuis le naufrage.
Extrait du Nord Maritime du 27 juillet 1941
L’Odyssée et la mort du contre-torpilleur
« Foudroyant » devant Dunkerque.
1er juin 1940
Il y a quelques jours, le Conseil de Guerre jugeait le Commandant Fontaine du contre-torpilleur
« Foudroyant » coulé devant Dunkerque, dans la nuit tragique du 24 mai 1940.
Ce magnifique officier fut acquitté glorieusement. Il fut reconnu qu’il avait fait tout son devoir.
C’est l’épilogue de tout un drame qu’il faut consigner ici.
Le 24 mai à minuit, le «Foudroyant » - un des nos plus beaux lévriers des mers - est à l’ancre devant
les quais de Cherbourg. A une heure du matin, le commandant Fontaine est réveillé. Il doit
embarquer 150 hommes et le « Foudroyant » doit regagner Boulogne tout simplement.
De rudes gars, au coeur bien accroché, ces 150 nouveaux venus qui sont, en temps de paix, des
pêcheurs de Boulogne. Celui qui les commande, c’est l’enseigne de vaisseau Fultot ; c’est avec lui
qu’ils ont coulé l’ « Orme » ; c’est avec lui qu’ils ont connu l’embarquement hasardeux pour
l’Angleterre, le « paquet individuel » (cette dernière bouée de sauvetage des marins, les escales
forcées à Folkestone, Plymouth, Southampton, et Cherbourg enfin où le dépôt les a récupérés.
Ce sont eux et quelques fusiliers qui viennent compléter l’équipage du « Foudroyant ».
En route sur Boulogne….
14 heures. – Le « Foudroyant » a largué les amarres.
- En avant toutes ;
- En avant toutes .
- A droite, un peu.
- A droite, un peu.
D’écho en écho, les ordres, sont transmis, répétés. Puis ils sont exécutés. Les 1500 tonnes de coque
fine, comme un bel animal nerveux, s’élancent vers le combat. Jamais le printemps n’a été plus beau
dans le ciel bleu de France, sur la mer lisse comme un lac. Le «Foudroyant», monte vers le nord. A la
corne, flotte le pavillon aux trois couleurs.
15 heures. – Sur la passerelle, le commandant Fontaine passe en revue les 150 « marins dechalutiers » embarqués du matin. L’enseigne de vaisseau Fultot leur donne des ordres :
- A Boulogne où je vous débarquerai, vous aurez à faire une « guerre d’enfantsperdus ».
Il faut que ces enfants sachent se montrer des hommes.
On n’a pas fait en vain, avec un chef que l’on estime, la dure expérience de l’ « Orme ». Cette petite
cérémonie sur laquelle veille la mer comme un unique et éternel spectateur, vient de prendre un sens singulièrement émouvant.
…. Puis sur Dunkerque !
16 heures. – Un message commandant !
C’est Cherbourg qui télégraphie. Boulogne est aux mains des Allemands. Le «Foudroyant», reçoit
l’ordre de dérouter sur Dunkerque. Le renseignement vient du lieutenant de vaisseau Raquez qui
commande la flotte des patrouilleurs. Il rentrait au port quand les chenillettes allemandes ont fait feu
sur son chalutier.D’ailleurs la côte n’est plus soudain, qu’un feu immense et menaçant. La voix des canons tonne de la mer à la terre. Des gerbes blanches encadrent les torpilleurs.
17 heures. – Les ordres descendent de la passerelle du commandant au timonier.
- A droite, quinze !
- A droite, quinze !
- Commencez le feu !
- Commencez le feu !
Hier, à cet endroit sous la nappe bleue de la mer, l’ «Orage» en feu est allé baliser par le fond.
18 heures, 19 heures. La nuit.Une nuit d’héroïsme. Une de ces nuits où l’Histoire s’écrit. Les hommes sont à leur poste. Au loin Dunkerque brûle. Les avions - oiseaux nocturnes, oiseaux en croix – font du ciel un lieu maudit.La mer du Nord devient la vaste sépulture des hommes de la mer et des mâtures brisées.La mer devient houleuse. A ces vagues de l’eau, répondent les vagues des stukas et, comme un cri d’enfer, les bruits des sirènes et des détonations.
6 jours et 6 nuits devant la ville, le port et la côte en feu.
1er Juin – La nuit a passé et six autres jours et leurs nuits ont passé aussi. Il n’y a pas d’ordres. On louvoie sous le vol intermittent des oiseaux de mort.
De la deuxième flottille, il reste seul. Hier, le « Cyclone » est rentré sans avant ; mais il est rentré, le
« Sirocco », lui a sombré.Le « Foudroyant » appareille sur Dunkerque, finalement, et vers sa destinée.
C’est de nouveau la nuit.Il n’a jamais fait si beau. La mer est calme. L’eau glisse sans bruit le long des coques du« Foudroyant ».Le contre-torpilleur file 25 noeuds.Il fonce dans la passe, entre les balises. Là bas, les pétroles brûlent. La côte devient un dragon monstrueux qui crache tout ensemble le feu et la fumée. Les oiseaux de nuit hantent le ciel. Sur le« Foudroyant » les mitrailleuses jumelées 13-2 débitent sans répit.Dialogue mortel.La nuit parait éternelle.
Tout à coup un choc plus violent que les autres. La bête de feu est mortellement touchée. Une
rumeur circule : la pièce 8 a été écrasée.Le navire, qui était ce matin encore l’orgueil de la marine française s’incline et s’enfonce. Pas un cri.Tous les hommes sont à leur poste. Certains donnent des ordres. D’autres les exécutent tandis que le quartier-maître Adam continue à tirer.
Les hommes sont aussi touchés. Certains sont brûlés vifs – supplice de damnés, avant le premier
rayon du jour, entre le feu et l’eau. Pourtant, l’équipe de sécurité s’est précipitée sur les vannes
d’arrêt des chaudières et l’explosion est évitée.
Le « Foudroyant » est graduellement enseveli, et 150 hommes, exécutent l’ordre qu’ils ont reçu
quelque jours plus tôt, font contre l’impossible une « guerre d’enfants perdus ».
…. 150 hommes sont sauvés au chant de la « Marseillaise »
Mais seul sur la plage d’avant, le commandant reste sur l’étrave de son bâtiment. Il assiste à ce
spectacle inouï : les 150 hommes s’efforçant de surnager en chantant la Marseillaise.
C’est à ce moment que les marins de dragueur de mines « Bernadette » arrivent pour sauver
l’équipage. Les hommes se sont bien défendus. A 11 heures 30 le sauvetage est terminé.
Sur le « Bernadette », un capitaine de corvette fouille sa poche. Il en sort un monocle qu’il essuie
avec son mouchoir mouillé. Il l’ajuste (cela fait partie de son visage de marin) avant de se présenter
au maître-principal de manoeuvres : Stalberger : - Fontaine, commandant du « Foudroyant ».
Le contre-torpilleur pavillon haut, le héros de fjords de Norvège et de l’estuaire de l’Escaut , deux fois
cité à l’ordre de l’armée, n’est plus qu’une épave au fond des mers.
Mais le commandant Fontaine accusé selon les lois de la tradition maritime, sera glorieusement
acquitté.

Mémorial pour les morts de Dunkerque
Dans le rond central "Le Foudroyant dans les combats"
1er juin 1940 au 10 septembre 1942
2 ème dépot de Brest
10 septembre 1942 au 7 janvier 1943
5 ème dépot de Toulon

Admis à la retraite le 7 janvier 1943
Se retire au Poullou à Carantec


En mai 1970,lors du trentenaire des combats de mai-juin 1940 organisé par "Marine Dunkerque",Les membres de l'équipage ont offert le discours suivant à leur Commandant Paul Fontaine









Un grand merci à Denise et Hilaire Wadoux pour leur accueil et la ferveur avec laquelle ils se souvenaient et me racontaient,Lui avec une émotion toujours intacte de ce terrible jour de juin 1940,et une précision impressionnante des faits de ces journées là, Elle,des fois ou ils sont venus à Carantec,chez leurs amis Guillaume et Marie partager un repas avec le Commandant Fontaine.

Hilaire dit "André" est né le 20 octobre 1917
et ils se sont mariés le 10 fevrier 1940
Il était Matelot Fourrier sur le Foudroyant en 1940
Ci dessous un lien ou Hilaire a été mis à l'honneur en 2009 à Dunkerque
http://www.sous-mama.org/index.php?page=blog_lire&art=602
