Guillaume Jaouën "1937-1943"
 

Tout s'est joué en deux minutes...! Le matin...!

 Et en deux minutes....! l'après-midi..!

 
 


 

 18 septembre 1937 au 1er juin 1940

Torpilleur" Le Foudroyant"


Construit aux chantiers"Dyle et Baccalan" à Bordeaux
 
Lancé le 24 avril 1929





Nuumérotation:32


Numérotation:99





 96 de 1931 à 1933


42 en 1934

43 en 1936


44 en 1937


52 en 1939

Mis en service,le 24 octobre 1930
Transporte le Président Doumergue en voyage officiel en Tunisie sur le Lac de Bizerte
Rejoint la 5ème Division de Torpilleurs,en 1939
Coulé par l'aviation Allemande le 1er juin 1940 devant Dunkerque à 10h30mn
Position :51.05.029 N/2.15.489 E par 28 m de fond

"17 disparus"

 

Début de l'année 1939



Les Commandants furent:
1er janvier 1930:
Capitaine de Frégate Marcel Louis Jarry

1er juin 1931:
Capitaine de Frégate Marcel Edouard Robin

11 janvier 1933:
Capitaine de frégate Louis Lucien Guérin

30 octobre 1934:
Capitaine de Frégate henri raymond Villecourt

7 novembre 1936:
Capitaine de Corvette Reboul

 7 novembre 1938:
Capitaine de Frégate Paul-Louis Antoine Fontaine


 



Port d'Alger en 1930

 

 

Coup de roulis en pleine tempête sur un Torpilleur





Le 21 septembre 1937, la 5ème DT quitte Brest pour Casablanca où elle restera déployée trois mois, effectuant des rotations sur Tanger, renforçant ainsi l'action de L'Adroit et de La Railleuse. Le Boulonnais rentrer à Brest en janvier 1938, continuant néanmoins ses missions de présence au large de l'Espagne.

Il participe également à des événements prestigieux comme l'accueil en rade de Boulogne le 19 juillet 1938 du yacht royal Enchantress transportant le roi et la reine d'Angleterre en visite en France,
et qui inaugure notamment le monument commémorant l'arrivée à Dunkerque
des premiers soldats britanniques le 13 août 1914
.






Du 3 septembre 1939 au 1er juin 1940


 

Commandant"Capitaine de Corvette Fontaine"

  

 

 





Septembre-Octobre 1939

Basè à Brest,il assure la protection des convois faisant le trafic entre Brest et Casablanca.

 
En septembre 1939, Le Foudroyant est toujours affecté à la 5ème DT en compagnie du Boulonnais et du Brestois. Comme les autres divisions de la 2ème flottille, la 5ème DT est placée sous l'autorité d'Amiral-Ouest dès le 28 août pour les missions d'escorte et de patrouilles à mener dès le début du conflit.

Les 2 et 7 septembre, le Foudroyant et ses compères de la 5ème DT avaient protégé la sortie et le retour de la Force de Raid. Du 12 au 17 septembre, il escorte cinq bâtiment entre Brest et Casablanca et récidive entre le 7 et le 13 octobre.

Le 12 octobre 1939, la 5ème DT remplace la 2ème DCT en Manche. Le Foudroyant ne va cependant rallier Dunkerque que le 2 novembre après une mission dans l'Atlantique.



Novembre 1939

Basé à Dunkerque,il patrouille en Mer du Nord et au large de Boulogne.Le 9 novembre,il participe en protection aérienne au déséchouage du chalutier Etoile du Nord à l'entrée du port de Dunkerque.


15 décembre 1939 au 15 janvier 1940

Il effectue d'importants travaux,retubage des 3 chaudières,nombreux travaux électriques,instalation d'un des plus modernes appareils d'écoute contre les sous-marins et mise en place de deux canons de 37 double qui complètent son armement de défense contre avions 


Janvier à mars 1940

Basé à Dunkerque,il patrouille en Mer du Nord,période de grande activité coupée d'un bref sèjour à Cherbourg ou il est armé en vue d'une Campagne Nordique


Le 14 février 1940,
le Foudroyant accompagné par le Brestois et l'Ouragan escorte le pétrolier Tarn
entre Dunkerque et Cherbourg.

Le 21 février 1940,
le torpilleur de 610 tonnes La Cordelière est envoyée en patrouille au large d'Ostende pour intercepter la goelette allemande Vadder Geritt réfugié dans le port belge depuis la déclaration de guerre et qui tenterait de regagner Emden. Le torpilleur léger est relevé par Le Foudroyant le 23 février mais le 25, le torpilleur s'échoue sur le banc Beaujaard mais il parvint à se dégager sans autres dégâts qu'une avarie au dôme Asdic et la perte d'une pale d'hélice.
La corvette parviendra à s'échapper le 9 mars sans que la 11ème DT ne soit capable de l'intercepter.

Comme les deux autres torpilleurs de la 5ème DT, Le Foudroyant va participer à l'expédition de Norvège au sein d'un groupe commandé par le croiseur Emile Bertin. Ce n'était que partie remise, un premier groupe occasionnel avait été constitué le 5 février 1940 mais dissoute le 16 mars. Trois semaines plus tard, la force Z ou groupe Emile Bertin est reconstitué.



 

31 mars-8 avril 1940

Intègre la 5ème division des Torpilleurs avec Le Brestois et Le Boulonnais
 Composant la force Z avec le Croiseur Emile Bertin et le Croiseur Montcalm
Sous le Commandement du contre Amiral Edmond Derrien
 Avec les Contre Torpilleurs Tartu,Chevalier Paul,Maillé Brézé,Bison,Epervier et Milan

8 avril-14 mai 1940

La Force Z est basé à Scapa Flow et intègre les Forces de Scandinavie. Elle y reçoit le soir de son arrivée,le baptême du feu,sous la forme d'une attaque massive de bombardiers Allemands qui sont brillamment repoussés par les batteries terrestres aériennes et les tirs des batiments sur rade.
Après quelques missions sur les côtes Anglaises à Greenock,à Liverpool,aux shetland,Le Foudroyant escorte la "Ville d'Alger"et protège son débarquement à Namsos trouvé en feu.
Revenu à Scapa Flow àprès un nouveau voyage à Liverpool,il appareille avec un convoi pour Harstad ou il arrive le 10 mai.Il participe en Norvège à l'assistance des troupes Britanniques contre les Allemands et à leur évacuation par la mer.

19 avril:Débarquement Allié à Namsos
27 avril:Débarquement Allié à Narvik
29 avril:Rembarquement des forces Alliées présentes à Namsos
13 mai:Débarquement Allié à Bjervik
28 mai:Prise de Narvik par les Alliés
7 juin:Evacuation de la Norvège par les Alliés

 

   Marins Français dans les bois de Namsos


Navires en flammes dans la baie de Narvik
 

1ère division des Chasseurs Alpins en route vers la Norvège


14 et 15 mai 1940

Raid dans le Ranen Fjord

Il détruit une batterie aérienne, le quartier général Allemand ,un ferry militaire ,deux hydravions Heinkel et tous les appontements qui se situent sur la côte Nord du Sorfjord.
En quittant le Ford il découvre des appontements ou les équipages font le plein de plusieurs hydravions,ils sont tous détruits à la torpille et aux canons,puis attaques de plusieurs convois militaires ennemis sur les rives des fjord.
Il subit ensuite une attaque de plusieurs bombardiers Allemands,dont les bombes tombent à plusieurs reprises autour du bateau qui est recouvert d'eau par leurs impacts,tout les disjoncteurs sautent,un ventilateur machine s'arrête.Heureusement un des avions est touché par la DCA du bâtiment dont les armements ont gardé leur sang froid mais étaient visiblement fatigués,après un poste de combat ininterrompu de 24 heures.Les autres avions se dérobent.Cessez le feu à 3h01 le 15 mai au matin.




15 mai 1940

En quittant le Ranen Fjord ,il escorte le HMS Somali sérieusement endommagé par l'attaque des 6 bombardiers Allemands,et le conduit à bon port jusqu'à Scapa Flow.Après s'être ravitaillé en mazout ,il part d'urgence pour Dunkerque.

20-21 mai 1940

Il escorte le "Tarn" jusqu'à l'entrée de Greenoch,puis fait route avec un convoi sur Brest,ou il ravitaille en munitions

22 mai 1940
Renvoyé en France ,il intègre la 2ème Flotille des Torpilleurs en remplacement de l'Adroit,coulé à Dunkerque.Il rallye Cherbourg ou il répare,en 36 heures,les avaries subies lors des  bombardements de Norvège  



Capitaine de Vaisseau De Portzamparc
Commandant de la 2ème F.T. et du Cyclone


 



 

L'Adroit échoué devant Malo les Bains le 21 mai 1940 


 

   

Le Torpilleur "Foudroyant"
dans les combats de Dunkerque de mai-juin 40.

 

26 mai 1940
Lancement de l'Opération Dynamo par le Vice Amiral Britannique Bertram Ramsay

 

 

 

Récit  fait par l'amiral Joseph Sénéchal, de la participation du Torpilleur d'escadre "Le Foudroyant" à l'évacuation de la Poche de Dunkerque, en mai-juin 1940.

L'amiral Sénéchal était alors chef du service des machines sur ce Torpilleur qui a donné son nom à une rue de Rosendaël le 16 mai 1985.


Le torpilleur est arrivé à Dunkerque le 1er novembre 1939,après avoir participé à la protection de convois de navires de commerce entre Brest, Casablanca, Gibraltar et Bordeaux, comme à la grande époque des corsaires.

A la mobilisation, en 1939, il composait avec Le Brestois et Le Boulonnais, la 5e division de torpilleurs, avec laquelle il effectua de nombreuses missions d’escortes et de reconnaissance. Basé à Dunkerque, c’est lui qui transporta l’Amiral Darlan à Douvres pour le conseil suprême du 28 mars 1940.
A partir du 8 avril, il est à Scapa Flow, d’où il participe à l’escorte des bâtiments et de convois dans le cadre de l’expédition de Norvège. Le 13 mai, en patrouille dans le fjord de Mo, avec le HMS SOMALI, il s’engage contre les forces allemandes débarquées à Hemmesberget. A l’issue de ce raid, les deux torpilleurs se précipitent au secours du paquebot polonais Chobris mis en feu par une bombe ; ils sont violemment attaqués par l’aviation au cours de cette tentative de sauvetage et le Foudroyant escorte à Scapa Flow le Somali gravement endommagé.
Renvoyé en France, le Foudroyant est rattaché à la 2e division de torpilleurs, en remplacement de l'Adroit coulé à Dunkerque.
C’est ainsi qu’il effectue une première mission dans ce port dans la nuit du 25 au 26 mai sous un violent bombardement. Rentré à Cherbourg le 26 au matin, il appareille le soir même pour amené à Douvres le capitaine de vaisseau Aupman qui se rend au P.C. de l’Amiral Ramsay pour régler avec lui la participation de la marine française à l’évacuation de Dunkerque, à laquelle il participera dans les jours suivants. 


 A Dunkerque, il effectue des patrouilles, transporte de Boulogne à Douvres "les autorités françaises qui se rendent à Londres pour y rencontrer leurs homologues britanniques" et effectue diverses missions et transports de troupes, souvent sous les bombes de l'aviation alle- Intégré dans la 2eme division de participe à l'évacuation de l'Armée du Nord de Dunkerque à Douvres à partir du 28 mai 1940.

L'amiral raconte :
"Le 30 mai, dans l'après-midi, faisant route sur Dunkerque, il est attaqué par une batterie allemande située près de Nieuport.

Il riposte et les tirs cessent. Peu de temps après, il croise le "Bourrasque",chargé de troupes et lui signale l'existence de la batterie.
Revenant de Dunkerque, après avoir embarqué un contingent de soldats ,environ 1200 a 1500 hommes, il aperçoit la "
Bourrasque
" en train de couler après avoir sauté sur des mines,

constatant qu'elle était entourée de petits bateaux lui
portant assistance, le "Foudroyant" continue à faire route
vers Douvres.
Dans la nuit du 30 au 31 mai,le
"
Cyclone
" et le "Siroco
" sont torpillés par des vedettes rapides allemandes. Le premier a son avant fortement
avarié et le second coule après avoir été achevé par deux bombes lâchées par un avion ennemi.
Le 31 mai, dans la matinée,en allant à Dunkerque, le "Foudroyant" croise le "
Cyclone" faisant route sur Douvres à faible allure. Un peu plus tard, il rencontre un torpilleur anglais qui lui signale:"La batterie de Nieuport tire mieux qu'hier; il semble qu'on y ait mis des spécialistes".

Arrivé à proximité de cette batterie, le "Foudroyant" l'arrose avec cinquante obus de 130 mm. Elle cesse le feu et semble muselée pour la journée car elle ne réagit pas lorsque le "Foudroyant" revient dans les parages chargé des soldats. L'embarquement a dû être fait par l'avant, l'accostage du bâtiment étant impossible ,en raison des épaves de torpilleurs anglais et de navires le long du quai.
De retour à Douvres, le "Foudroyant" accoste le "
Cyclone" qui lui fournit du mazout afin de s'alléger





La Bourrasque coule devant Nieuport le 30 mai 1940 sous les ordres du Commandant C.F. Fouque





Evacuation des plages de Dunkerque

                  

29 mai 1940

30 mai 1940

 

    31 mai 1940



 

Le Naufrage
du "Foudroyant"



 

 

 

 

 

Le 1er juin 1940, à 8 h,suivant les ordres de l’Amiral  Savorgnan de Brazza, le "Foudroyant" quitte Douvres pour Dunkerque en suivant la route passant par le banc de Ruytingen-Dyck entre les deux champs de mines alliés disposés dans le Pas-de-Calais. Le
capitaine de vaisseau de Portrampac, commandant le "
Cyclone", et la 2ème flotille de torpilleurs, lui souhaite bonne chance.
Vers 10 h 30, le "Foudroyant" filant vingt-cinq noeuds se trouve à environ six milles de Fort-Mardyck. Il est à ce moment attaqué par un groupe de vingt à trente bombardiers allemands "des heinkels et des Stukas " selon les témoins, qui lâchent des grappes de trois à quatre bombes en piquant et en mitraillant.Une bombe déchire la coque
à l'arrière bâbord du compartiment "machines" créant une voie d'eau et des avaries à quelques machines. De la vapeur fuse par la porte d'accès
au compartiment.D'autres bombes tombent sur la pièce 3.

Le "Foudroyant" se casse à l'arrière,se couche sur bâbord et coule
rapidement. D'après les officiers de marine basés à Fort-Mardyck, entre le premier impact de bombe sur la coque et le chavirement du navire, une minute et demie ne s'est pas écoulée.
Les chaudières n'ont pas été touchées bien que quelques bombes soient tombées à proximité des chaufferies.
 Elles ont pu être isolées avant le
naufrage du bâtiment. La rapidité avec laquelle le "Foudroyant" a été mis hors de combat ne permet pas de lancer à l'eau
 embarcations et radeaux.L'équipage ayant évacué le navire ,et dérivant vers l’est avec le courant, continue à être mitraillé par les avions ennemis. L'équipage est repêché par plusieurs bateaux de faible tonnage et de nationalités différentes.Pour ma part, j'ai été repêché par un navire hollandais et c'est une fois à bord que je me suis aperçu que j'avais reçu une balle de mitrailleuse dans le bas de la jambe droite.
Les rescapés du "Foudroyant" sont ensuite regroupés sur le chalutier "Bernadette de Lourdes". Il fait route sur Dunkerque pour les y débarquer mais il est refoulé des divers quais où il veut accoster et fait finalement route vers
la côte anglaise sous une pluie de bombes".

Il y a 17 disparus,plusieurs blessés et brulés

 

L'aviation:le plus grand danger



 

 

Affecté à la 102ème Section de dragueurs de mines, sous le commandement de l'officier des équipages RAOULT 
  Blessé, il est conduit à Zuydcotte - Intérim assuré par l'équipage du SAINTE DENISE LOUISE (en avarie) et son commandant Victor MARTEEL

 

 

"Sorti de Dunkerque, le chalutier "Bernadette de Lourdes" est pris directement à partie par des bombardiers ennemis qui mitraillent et lâchent des bombes secouant durement le bâtiment. Une partie
des rescapés, dont je fais partie, est rejetée à l'eau par la violence des explosions qui soulève l'avant du navire presque à la verticale,et nous n'avions rien pour nous raccrocher. Le "Bernadette de Lourdes" est touché. L'eau monte dans les fonds. Il va s'échouer sur un banc de sable. Deux chalutiers anglais chargés de troupes viennent à son secours et embarquent une partie de son équipage et le personnel du "Foudroyant" pour les conduire à Ramsgate.Pour ma part, après avoir été rejeté à la mer, je suis repêché par un chalutier anglais,chargé de soldats britanniques, qui me débarque, peu de temps plus tard sur un chalutier français qui fait route sur Ramsgate pour y déposer des équipages de chars d'assaut ayant participé à des opérations en Belgique.Je retrouve finalement à Ramsgate le commandant du "Foudroyant" et les membres de son équipage rescapés.Après un bref séjour en Angleterre nous prenons passage sur un bateau anglais qui nous ramène à Brest où nous arrivons 
vers une heure le 5 juin 1940.La bataille de Dunkerque coûtait cher à la 2ème Flotille de torpilleurs; sur les neuf bâtiments engagés, il n'en restait plus qu'un seul valide après la perte du "Foudroyant". Au total cinq unités furent coulées et quatre mises hors de combat.A noter qu'ayant considéré que, par la route suivie, lors de son dernier voyage de Douvres à Dunkerque, le seul ennemi dangereux était l'aviation, le commandant du "Foudroyant",Le Commandant Fontaine, avait fait enlever les pointes percutantes des torpilles et desamorcer les grenades sous-marines.Cette précaution a certainement permis d'épargner la vie d'un grand nombre de membres de l'équipage car le navire n'a pas explosé malgré des bombes qui,au cours de l'attaque sont tombées près des tubes lances torpilles et des grenadeurs.

 

Les actions du Foudroyant, tant en Norvège qu’à Dunkerque, ont valu au Capitaine de Corvette (puis capitaine de Frégate) P.L.A. Fontaine, Commandant, et au Bâtiment plusieurs élogieuses citations à l’ordre de l’Armée de mer.Le Commandant Fontaine est décédé le 8 novembre 1978.  

Durant ses derniers jours au large de Dunkerque"Le Foudroyant"aura permis l'évacuation de 1250 soldats alliés.

 

 

 


 

 








 

 

Dans la journée du 6 juin 1940,une fois arrivés à Brest ,tous les marins finistériens furent envoyés en permission.

Quelqu'un vint chercher Marie ,dans l'atelier de couture ou elle travaillait à Carantec,pour lui annoncer que son mari était rentré!!

Elle trouva Guillaume devant la maison ,les pieds nus dans ses chaussures ,encore couvert de mazout depuis le naufrage.

  

 
 

Extrait du Nord Maritime du 27 juillet 1941

 

L’Odyssée et la mort du contre-torpilleur

« Foudroyant » devant Dunkerque.

1er juin 1940

Il y a quelques jours, le Conseil de Guerre jugeait le Commandant Fontaine du contre-torpilleur

« Foudroyant » coulé devant Dunkerque, dans la nuit tragique du 24 mai 1940.

Ce magnifique officier fut acquitté glorieusement. Il fut reconnu qu’il avait fait tout son devoir.

C’est l’épilogue de tout un drame qu’il faut consigner ici.

Le 24 mai à minuit, le «Foudroyant » - un des nos plus beaux lévriers des mers - est à l’ancre devant

les quais de Cherbourg. A une heure du matin, le commandant Fontaine est réveillé. Il doit

embarquer 150 hommes et le « Foudroyant » doit regagner Boulogne tout simplement.

De rudes gars, au coeur bien accroché, ces 150 nouveaux venus qui sont, en temps de paix, des

pêcheurs de Boulogne. Celui qui les commande, c’est l’enseigne de vaisseau Fultot ; c’est avec lui

qu’ils ont coulé l’ « Orme » ; c’est avec lui qu’ils ont connu l’embarquement hasardeux pour

l’Angleterre, le « paquet individuel » (cette dernière bouée de sauvetage des marins, les escales

forcées à Folkestone, Plymouth, Southampton, et Cherbourg enfin où le dépôt les a récupérés.

Ce sont eux et quelques fusiliers qui viennent compléter l’équipage du « Foudroyant ».

En route sur Boulogne….

14 heures. – Le « Foudroyant » a largué les amarres.

- En avant toutes ;

- En avant toutes .

- A droite, un peu.

- A droite, un peu.

D’écho en écho, les ordres, sont transmis, répétés. Puis ils sont exécutés. Les 1500 tonnes de coque

fine, comme un bel animal nerveux, s’élancent vers le combat. Jamais le printemps n’a été plus beau

dans le ciel bleu de France, sur la mer lisse comme un lac. Le «Foudroyant», monte vers le nord. A la

corne, flotte le pavillon aux trois couleurs.

15 heures. – Sur la passerelle, le commandant Fontaine passe en revue les 150 « marins dechalutiers » embarqués du matin. L’enseigne de vaisseau Fultot leur donne des ordres :

- A Boulogne où je vous débarquerai, vous aurez à faire une « guerre d’enfantsperdus ».

Il faut que ces enfants sachent se montrer des hommes.

On n’a pas fait en vain, avec un chef que l’on estime, la dure expérience de l’ « Orme ». Cette petite

cérémonie sur laquelle veille la mer comme un unique et éternel spectateur, vient de prendre un sens singulièrement émouvant.

…. Puis sur Dunkerque !

16 heures. – Un message commandant !

C’est Cherbourg qui télégraphie. Boulogne est aux mains des Allemands. Le «Foudroyant», reçoit

l’ordre de dérouter sur Dunkerque. Le renseignement vient du lieutenant de vaisseau Raquez qui

commande la flotte des patrouilleurs. Il rentrait au port quand les chenillettes allemandes ont fait feu

sur son chalutier.D’ailleurs la côte n’est plus soudain, qu’un feu immense et menaçant. La voix des canons tonne de la mer à la terre. Des gerbes blanches encadrent les torpilleurs.

17 heures. – Les ordres descendent de la passerelle du commandant au timonier.

- A droite, quinze !

- A droite, quinze !

- Commencez le feu !

- Commencez le feu !

Hier, à cet endroit sous la nappe bleue de la mer, l’ «Orage» en feu est allé baliser par le fond.

18 heures, 19 heures. La nuit.Une nuit d’héroïsme. Une de ces nuits où l’Histoire s’écrit. Les hommes sont à leur poste. Au loin Dunkerque brûle. Les avions - oiseaux nocturnes, oiseaux en croix – font du ciel un lieu maudit.La mer du Nord devient la vaste sépulture des hommes de la mer et des mâtures brisées.La mer devient houleuse. A ces vagues de l’eau, répondent les vagues des stukas et, comme un cri d’enfer, les bruits des sirènes et des détonations.

6 jours et 6 nuits devant la ville, le port et la côte en feu.

1er Juin – La nuit a passé et six autres jours et leurs nuits ont passé aussi. Il n’y a pas d’ordres. On louvoie sous le vol intermittent des oiseaux de mort.

De la deuxième flottille, il reste seul. Hier, le « Cyclone » est rentré sans avant ; mais il est rentré, le

« Sirocco », lui a sombré.Le « Foudroyant » appareille sur Dunkerque, finalement, et vers sa destinée.

C’est de nouveau la nuit.Il n’a jamais fait si beau. La mer est calme. L’eau glisse sans bruit le long des coques du« Foudroyant ».Le contre-torpilleur file 25 noeuds.Il fonce dans la passe, entre les balises. Là bas, les pétroles brûlent. La côte devient un dragon monstrueux qui crache tout ensemble le feu et la fumée. Les oiseaux de nuit hantent le ciel. Sur le« Foudroyant » les mitrailleuses jumelées 13-2 débitent sans répit.Dialogue mortel.La nuit parait éternelle.

Tout à coup un choc plus violent que les autres. La bête de feu est mortellement touchée. Une

rumeur circule : la pièce 8 a été écrasée.Le navire, qui était ce matin encore l’orgueil de la marine française s’incline et s’enfonce. Pas un cri.Tous les hommes sont à leur poste. Certains donnent des ordres. D’autres les exécutent tandis que le quartier-maître Adam continue à tirer.

Les hommes sont aussi touchés. Certains sont brûlés vifs – supplice de damnés, avant le premier

rayon du jour, entre le feu et l’eau. Pourtant, l’équipe de sécurité s’est précipitée sur les vannes

d’arrêt des chaudières et l’explosion est évitée.

Le « Foudroyant » est graduellement enseveli, et 150 hommes, exécutent l’ordre qu’ils ont reçu

quelque jours plus tôt, font contre l’impossible une « guerre d’enfants perdus ».

…. 150 hommes sont sauvés au chant de la « Marseillaise »

Mais seul sur la plage d’avant, le commandant reste sur l’étrave de son bâtiment. Il assiste à ce

spectacle inouï : les 150 hommes s’efforçant de surnager en chantant la Marseillaise.

C’est à ce moment que les marins de dragueur de mines « Bernadette » arrivent pour sauver

l’équipage. Les hommes se sont bien défendus. A 11 heures 30 le sauvetage est terminé.

Sur le « Bernadette », un capitaine de corvette fouille sa poche. Il en sort un monocle qu’il essuie

avec son mouchoir mouillé. Il l’ajuste (cela fait partie de son visage de marin) avant de se présenter

au maître-principal de manoeuvres : Stalberger : - Fontaine, commandant du « Foudroyant ».

Le contre-torpilleur pavillon haut, le héros de fjords de Norvège et de l’estuaire de l’Escaut , deux fois

cité à l’ordre de l’armée, n’est plus qu’une épave au fond des mers.

Mais le commandant Fontaine accusé selon les lois de la tradition maritime, sera glorieusement

acquitté.




 

Mémorial pour les morts de Dunkerque
Dans le rond central "Le Foudroyant dans les combats"










 

  1er juin 1940 au 10 septembre 1942

 

2ème dépot de Brest 

 

 10 septembre 1942 au 7 janvier 1943

 

5ème dépot de Toulon

 

  

Admis à la retraite le 7 janvier 1943

Se retire au Poullou à Carantec





 

 
En mai 1970,lors du trentenaire des combats de mai-juin 1940 organisé par "Marine Dunkerque",Les membres de l'équipage ont offert le discours suivant à leur Commandant Paul Fontaine

 











Quelques uns des "Survivants" en mai 1970





 

 

 

Un grand merci à Denise et Hilaire Wadoux pour leur accueil et la ferveur avec laquelle ils se souvenaient et me racontaient,Lui avec une émotion toujours intacte de ce terrible jour de juin 1940,et une précision impressionnante des faits de ces journées là, Elle,des fois ou ils sont venus à Carantec,chez leurs amis Guillaume et Marie partager un repas avec le Commandant Fontaine. 

 

 

Hilaire dit "André" est né le  20 octobre 1917

 et ils se sont mariés le 10 fevrier 1940

Il était Matelot Fourrier sur le Foudroyant en 1940

Hilaire est décédé le jeudi 7 octobre 2010

Ci dessous une vidéo réalisée par Delta tv sur l'opération Dynamo ou hilaire nous raconte son naufrage


http://www.dailymotion.com/video/xdkzgh_regard-sur-l-operation-dynamo_news


 Ci dessous,un lien ou Hilaire a été mis à l'honneur en 2009 à Dunkerque
http://www.sous-mama.org/index.php?page=blog_lire&art=602

 




 
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